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Homélie du père Antoine

Paroisse Notre-Dame de la Visitation de La Crau

Homélie du père Antoine

Homélie du père Antoine

Dimanche 3 octobre 2021

Tenir bon dans l’épreuve du scandale

Notre Créateur nous parle aujourd’hui de la splendide complémentarité de l’homme et de la femme, de leur égale dignité évoquée par l’image de la femme façonnée à partir de la côte de l’homme, de l’émerveillement de l’homme devant la beauté de celle que Dieu place à ses côtés comme une aide qui lui correspondra, et enfin de l’union féconde et indissoluble des époux dans le mariage. Par son autorité divine de Fils du Père, Jésus rétablit cette indissolubilité qui correspond au projet du Créateur inscrit au fond du cœur de l’homme et de la femme pour que leur don soit vrai et total. L’Evangile nous parlait aussi de l’accueil que Jésus réservait aux petits enfants, dont l’attitude d’innocence et de confiance est à imiter pour entrer dans le Royaume de Dieu. Jésus les bénissait et les embrassait avec tendresse.

A l’écoute de ces textes saints, nous pouvons faire monter une vive action de grâce pour les couples qui nous édifient par leur fidélité et par leur don total pour éduquer leurs enfants. Je pense aussi à tous ceux qui coopèrent avec dévouement d’une façon ou d’une autre à l’éducation humaine et chrétienne des enfants. Je pense aussi à ceux qui sont blessés dans leur vie conjugale et familiale, et aux personnes qui n’ont pas reçu dans leur enfance le respect de leur innocence et la tendresse vitale pour grandir et affronter les défis de la vie. 

Notre évêque Mgr Dominique Rey adressait ces mots aux prêtres du diocèse cette semaine : « Mardi 5 octobre, le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (commis depuis 1950) sera publiquement remis aux Évêques de France par son président Jean-Marc Sauvé. Ce rapport, souhaité par la Conférence des Évêques de France, reflètera une dure réalité. Nous constaterons avec amertume à quel point certains membres de l’Église ont failli et ont causé tant de mal et de souffrances par leurs agissements et leurs abus. C’est aussi un nouveau tsunami médiatique qui peut impacter toute l’Église, et abimer l’image du sacerdoce, en disqualifiant au passage la générosité et l’esprit évangélique qui habitent la plupart des prêtres et des religieux. Que cet événement médiatique soit aussi pour vous et chacun d’entre nous l’occasion de prier, de nous purifier intérieurement ; de réparer le mal fait aux victimes et de travailler à nos dysfonctionnements ».

L’Eglise en France a eu le courage d’affronter cette triste vérité. Depuis une vingtaine d’années, et encore plus ces dernières années, elle a pris des moyens d’écoute des victimes, de prévention et de formation des adultes (prêtres et laïcs) engagés dans les activités pastorales pour les enfants et les jeunes. A la veille de cette épreuve, nous avons une pensée et des prières pour les nombreuses victimes et leurs familles, des prières pour que la pénitence des coupables contribue à la réparation du mal commis, des prières pour que la foi des plus fragiles ne défaille pas, des prières et de la reconnaissance pour les évêques et les prêtres fidèles, dont le sacerdoce sera méprisé. 

Qui est l’Eglise ? Elle est sainte mais non sans pécheurs, ici-bas. Comme nous le professons dans le Credo, elle est sainte, parce que sanctifiée sans cesse par la miséricorde du Christ et le don du Saint-Esprit. Mais ses membres – c’est-à-dire chacun de nous – sont des pécheurs sur le chemin de la sainteté.  

Certes, des abus, des crimes portant atteinte à des enfants, des jeunes, des personnes fragiles, ne devraient être commis par personne, surtout pas par ceux qui sont consacrés pour le service de Dieu et de son peuple. Cependant, ces déviances graves ont corrompu des prêtres. Et le scandale va éclater. Jésus nous prévenait déjà : « Il est fatal, certes, qu’il arrive des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! » Pas de fatalité chez Jésus, mais du réalisme sur notre monde déchu, abîmé, atteint par le péché. 

Nous pouvons nous sentir impuissant dans cette épreuve. Ne nous laissons pas voler notre amour de l’Eglise ! Le Christ l’a aimée et « s’est livré pour elle » (Ep 5,25), dit saint Paul. Ne nous laissons pas voler notre espérance en Jésus Sauveur, mort et ressuscité !

Le rapport de la Commission sera publié mardi 5, jour de la mémoire de sainte Faustine à qui Jésus a demandé de faire prier le chapelet de la Miséricorde. On pourra redire cette prière puissante : « Père éternel, je t’offre le Corps et le Sang, l’Ame et la Divinité de ton Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, en réparation de nos péchés et de ceux du monde entier ». Le Seigneur veut nous impliquer dans cette œuvre spirituelle de réparation de ce qui, à nos yeux, semble irréparable. 

Alors que l’innocence a été blessée, laissons Jésus nous apprendre tous à aimer, à grandir dans l’amour humain véritable, respectueux, chaste, fort et tendre à la fois. La saine, la sainte, l’humaine et divine tendresse de Jésus pour les petits-enfants nous édifie et nous encourage. Jésus « les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains » (Mc 10,16).